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BISHKEK - DELHI
 

Géorgie: Petit Caucase

J'irai dormir, manger, et boire chez vous
11/07
Mtshéta - Roustavi: 70km
Il s'agit d'une journée composée essentiellement de visites, avant d'entamer les contreforts du Petit Caucase. Vue la quantité de photos prises, leur taille a été fortement réduite afin d'en insérer une partie sur ce site.
Tout commence par Mtskhéta (pas facile à prononcer, hein?), l'ancienne capitale de la Géorgie (royaume de Kartlie-Ibérie), aux IIIe et IV siècle, après avoir effectué une douzaine de kilomètres. En 327, c'est dans cette ville (actuellement d'environs 10 000 habitants) que Nino de Cappadoce, devenue Ste Nino convainquit la famille royale de se convertir au christianisme. Il s'agissait de la seconde conversion étatique après l'Arménie. Cette conversion à certainement permis à Mirian III de s'assurer le soutien de la riche communauté de chrétiens de l'Empire romain. La légende raconte en revanche que Ste Nino aurait guérit la reine Nana souffrante, qui se convertit par la suite. Le roi s'obstina à refuser. Au cours d'une chasse, Mirian III devint aveugle. Il aurait alors adressé à Dieu la prière que lui aurait apprise Ste Nino, et aurait recouvré la vue, ce qui le décida à se convertir.
Mtskhéta contient deux des églises les plus importantes du pays: Svétitskhovéli et Djvari. Cette dernière étant située en haut d'un mont surplombant la ville (impossible de ne pas la voir), je lui préfère donc Svétitskhovéli (j'évite ainsi de monter 6km). Cette église d'importantes dimensions, est entourée de fortifications de brique construites au XVIIIe siècle par Irakli II, enterré dans cette église, ainsi que Vakhtang Gorgassali (Ve siècle, rois géorgien très célèbre), et Giorgi XII. 
  
Cathédrale de Svétitskhovéli

Le nom de cette cathédrale signifie ''colonne donnant la vie''. La légende en est qu'un Juif géorgien qui aurait assisté à la crucifixion du Christ aurait amené avec lui le St Suaire à Mtskhéta. Mais sa sœur le lui aurait dérobé et succombé aussitôt dans une passion de foi. On ne serait pas parvenu à reprendre le St Suaire, et il aurait été enterré avec elle. Sur sa tombe aurait poussé un arbre. Les bâtisseurs voulaient utiliser l'arbre comme pilier de l'église, mais celui-ci s'envola. Nino le ramena au sol par ses prières.
Les iconographies sont tout à fait remarquables, mais je n'ai le droit de prendre des photos.
J'effectue quelques centaines de mètres, et me voilà devant une autre église: Samtavro, du XIIe siècle, moins impressionnante. Juste à côté, une chapelle, du IVe siècle, érigée à l'endroit où Nino aurait prié pour les monarques ibères, mais entièrement rénovée en 2000.
   
Eglise de Samtavro et chapelle de Tsminda Nino.

Demi-tour: direction Tbilissi maintenant, sur une voie rapide (en bon état!). J'ai le vent de dos, sur un faux plat descendant qui plus est! J'en profite pour rouler assez vite et arriver rapidement dans le centre ville de Tbilissi, où je rencontre un groupe de cyclistes sur route! Ils m'emmènent à proximité d'un vieux vélodrome, où je trouve un réparateur qui me changera ma roue libre, cassée depuis la Turquie...le tout pour 10 laris (4,5€).

Vestige soviétique
 
                                                                 Influence française?

Opéra, alors je que passe visiblement peu après des manifestations anti-Saakashvili

En sortant d'un cybercafé m'attend Giorgi, 15ans, un vététiste, sur son Giant, parlant un allemand excellent (j'ai parfois du mal à suivre). Ce sera mon guide dans Tbilissi, et il m'emmène dans tout les endroits dont je désire aller: église Métékhi, Sambeba, vieux Tbilissi, place des bains..., le tout dans un Tbilissi tantôt rénové, tantôt délabré.
Bref, au lieu de mettre plus de 2h à chercher, je passe une demie-heure en compagnie de Giorgi, à aller d'un lieu à l'autre.
 
Cathédrale récente de Sambeba, la plus haute de Géorgie (85m)

Maisons à échaffaudages, typiques du vieux Tbilissi

Vieux Tbilissi, et église Métékhi. Mais c'est vrai, on se le demande: qui es-tu?
 
Place des bains et Giorgi

Je le quitte en le remerciant encore, puis me dirige vers Roustavi. En Géorgie, les panneaux indicatifs sont parfois rares. Mais c'est encore plus surprenant à Tbilissi! Je trouve ma direction grâce à l'aide de plusieurs géorgiens.
Il fait très chaud. Je m'arrête dans une station service à proximité de la ville, où je rencontre Kakh, à qui je propose un café (les stations services géorgiennes sont moins équipées que les turques). Je lui donnerai même un peu de café qu'il conservera. Car ici, pour la même marque (Maxwell, très bon au passage), c'est beaucoup plus cher et tout autant moins bon, le pays subissant l'embargo russe et important ses marchandises d'Ukraine...
Après 1h de pause, je rencontre encore 2 cyclistes (!): Giga et Irakli. Ce dernier m'invite passer la nuit cher lui et sa famille.
Mon repas est un véritable festin, composé de tchakaphouli (mouton revenu à la poêle dans du vin blanc avec oignons, prunes, et sauce tkémali, à base de fruits de saison pressés et salés mêlés à de la coriandre), de vin,de bière...Bref, aujourd'hui, j'ai pris plus de poids que j'en ai perdu!
Demain, Irakli ne travaille pas. Lui, Giga, et moi, irons ensemble au monastère de David Garedja.

12/07
Aller-retour au monastère de David Garedja: 100km
Départ de Roustavi pour un aller-retour au monastère. Dans le registre des tristes villes soviétiques, je connaissais Sofia. Désormais, je connais Roustavi et ses barres d'immeubles mornes. A vrai dire, je suis le seul touriste ici (pas difficile, à la vue du peu d'intérêt qu'offre la ville).
Bref, après quelques tartines et du café, nous pouvons partir...enfin, c'est ce que je croyais! Car Irakli me dit que ce n'est que le début du petit déjeuner! Pauvre petit estomac repus par le repas de la veille: voilà qu'il remet ça quelques heures seulement après!
J'ai mal dormi. Il fait très chaud, déjà, à 7h, une heure après être parti. Bref, toutes les conditions sont réunies pour que je souffre, d'autant plus que mes compagnons de route sont de très bons cyclistes. J'arrive avec peine à les suivre malgré le fait d'avoir laissé mes sacoches chez Irakli.
Avec Giga, ils sont de très bons guides, et m'emmènent sur des petites routes peu fréquentées en état passable. Mais forcé de constater que le chemin menant au monastère est un peu compliqué.
Nous roulons sur une piste caillouteuse dans la steppe désertique. Décidément, ce pays bénéficie d'un climat très varié. De subtropical à l'Ouest, on passe ici à un climat semi-désertique à l'Est, en passant par des climats continentaux, montagnards...
Il existe ici une curieuse variété de serpents capables de sauter pour mordre.

Irakli et Giga

Nous sommes à la frontière azérie (nous sommes à quelques dizaines de mètres de l'Azerbaïdjan), que nous longeons sur plusieurs kilomètres. Le monastère est situé dans un lieu isolé, coupé du monde.
Après bien des difficultés dans une piste caillouteuse, terreuse, puis sablonneuse, nous arrivons dans l'installation monastique la plus connue, celle de Lavra (les autres étant accessibles à pied uniquement).
C'est ici que l'un des 13 pères syriens, David, vint fonder au VIe siècle ce complexe monastique. Malheureusement, je ne pourrai pas y trouver une partie du trésor de Jérusalem.
En effet, David aurait rebroussé chemin peu avant Jérusalem, emportant avec lui les trois pierres de la ville. Les soldats l'arrêtèrent. Mais il pu conserver une pierre, détenant une partie de la spiritualité de la Ville sainte, qu'il aurait emmenée à David Garedja.
Ravagé à plusieurs reprises par les seldjoukides, par les mongols, puis par les perses, les monastères ne retrouvèrent jamais leur importance médiévale.

Entrée du monastère de Lavra

Nous repartons vers Roustavi. Il fait très chaud, près de 40°.
Le soir, fatigué, je dors à nouveau chez Irakli, non sans un repas encore une fois gargantuesque, composé de tchvitchtari (non, je ne suis pas enrhumé!): galette nourrissante de maïs et de fromage (spécialité de Zugdidi); accompagnée ici de satsivi (poulet à la sauce aux noix, agrémenté de safran, de vinaigre, et d'oignons).

En compagnie d'Irakli et de sa famille

13/07
Roustavi - Xemo Qarabulaq: 110km
Je repars, triste de quitter mes compagnon Irakli et Giga.
Quelques mètres plus loin, je m'arrête dans la station service de l'avant veille, où je discute à nouveau avec Kakh, avant de lui proposer à nouveau du café.
J'ai tellement mangé ces derniers jours que j'en ai des crampes d'estomac, qui a plus travaillé à coup sur que mes jambes.
J'ai le vent de dos, et la route est bonne jusqu'à Bolnissi. Je suis invité à boire du vin à la sortie de la ville. Je m'arrêterai jusqu'à 16h. Dato, Merabi, Tchabuka, Giorgi, et Mutasi me donnent même une bouteille de 2,5 litres de vin! Bref, avec celui que m'a également donné Irakli avant de partir, j'ai maintenant plus de vin que d'eau dans mes sacoches!
D'ailleurs, le vin géorgien est élaboré différemment du notre. Leur tradition veut qu'ils laissent fermenter le raisin avec la peau, avant d'en extraire le vin. Cela lui donne un goût très doux et très sucré. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas en Géorgie que j'ai pu goûter les meilleurs vins, quoi qu'il puisse y en avoir d'excellents.
Je croise beaucoup d'azéris. En effet, cette vallée en est majoritairement peuplée. Cependant, malgré leur fierté de leur appartenance, il n'y a pas de réelle volonté indépendantiste. La région, vivant presque exclusivement de l'agriculture, bénéficie en effet de la proximité de Tbilissi pour le commerce, alors que Bakou est éloigné à plus de 600km...
Il fait chaud, encore. La route s'élève maintenant. Le goudron est moins bon que précédemment.
Je commence à avoir des ampoules aux pieds. Les 20 derniers kilomètres avant Dmanissi sont d'autant plus difficiles que je crève, pour la première fois du voyage!
Dmanissi est sans intérêt. Comme à Bolnissi, je n'ai pas aperçu son église historique.
Passé cette ville, c'est la guerre! Des trous d'obus partout sur la rou...euh piste pardon! Tel un fantassin (ou plutôt un cavalier sur ma monture. En 1871, ça passait encore...), j'essaye sans succès de passer au travers. Rien n'y fait: c'est abominable!
Je cherche un endroit pour camper, encore sans succès: ici, il n'y a que des champs, ou des marécages. La nuit est tombée. Je ne vois même plus les nids de poules. En revanche, je les sens...Je préfère donc pousser le vélo.
Une lada s'arrête. Un homme en descend, et me propose de m'inviter cher lui, à 15km. Je mets le vélo dans sa petite voiture, et là, je vois ce à quoi j'échappe! Des trous les uns plus profonds que les autres! La lada, à 15km/h, zigzague pour en éviter les plus gros.
Je dors donc dans une famille d'azéris musulmans peu aisés, qui ne possèdent ni télévision, ni eau courante, ni réfrigérateur, ni toilettes... Nous mangeons leur production: c'est à dire des pommes de terre, du fromage, des œufs, des tomates (salées car pas de frigo), et bien sûr: nous buvons de l'alcool de patates: la vodka.
Mon vocabulaire russe est fortement réduit. Du coup, me voilà en train de parler avec mes quelques mots turcs à ces azéris (qui le parlent parfaitement).

14/07
Xemo Qarabulaq - Gomareti: 15km (!)
En ce jour de fête nationale, le départ est tardif. La piste, non seulement d'être vallonnée, est en plus toujours aussi mauvaise.
Je m'arrête dans un petit village, car un policier fait signe de m'arrêter...pour boire le café chez un voisin qui me le propose!
Mais les autres voisins, Nino, qui parle français, et sa famille me proposent également de m'inviter à manger des khinkali, les fameux raviolis géorgiens.
Du coup, le choisi de boire un café d'abord chez le premier, dont les origines sont grecques. Je suis dans une partie de la Géorgie où se mêlent un certain nombre d'ethnies: azéris, grecs, arméniens, svanes, et géorgiens.
Le problème désormais est de faire face à toutes les propositions pour dormir. Le policier me propose de dormir au commissariat. Mais le grec et sa femme veulent que je dorme chez eux, et les voisins d'en face veulent m'inviter également, après avoir mangé les khinkali! Je ferai forcément des déçus. Jamais je n'ai encore vu chose pareille! Tout le monde veut m'inviter à m'héberger! Il faut dire aussi que je suis le premier touriste à être passé à vélo depuis le mois de mai!
Le pire, c'est que je ne souhaite pas encore dormir. Je veux faire encore au moins 70km!
Le temps de préparation des khinkali est long. Nous commençons l'orgie à 16h! Et voici quatre plats de ces raviolis, et voilà de la vodka, puis du vin à volonté!
Tout d'abord, 4 verres de vodka, chacun commençant par un toast porté par le Tamada, le chef de la soupra (sorte d'orgie). C'est Zuriko, le frère de Nino, qui s'en charge. Et en Géorgie, les toast, ce ne sont pas de simples: ''A la votre!'', mais c'est tout un rituel. Le tamada parle quelques minutes en l'honneur de la famille, des ancêtres, des traditions, ou encore par exemple des morts à la guerre...Puis chacun porte un toast également sur le même thème. Et hop, cul sec, glou glou! Un autre verre, un autre toast!
Et ainsi de suite 3 heures durant...Bref, après 4 verres de vodka et 7-8 verres de vin, je décide de m'arrêter avant qu'il ne soit trop tard. Zuriko et les autres invités, eux, continuent comme s'il s'agissait d'un petit lait!
Il commence à être tard. Cette famille insiste tout le long de l'après-midi pour que je dorme chez eux. Je fini finalement par céder. Je répare une nouvelle crevaison lente, la faute à la même épine que la veille (que je n'avais même pas remarquée), restée coincée dans le pneu.
Ce soir, je peux même regarder l'étape monotone du Tour de France sur leur télévision satellite alors qu'un orage gronde...

En pleine soupra, ici avec Zuriko.

15/07
Gomareti - Hauteurs de Tabatskuri: 90km
Il est 8h lorsque je repars. Zuriko et ses sœurs dorment encore. Le père de famille m'offre du pain, du fromage, de la confiture maison, ainsi qu'une bouteille de vin...que je jetterai aussitôt parti (vin médiocre)! Je refuse la vodka proposé au petit déjeuner (soyons raisonnable pour une fois).

Maison traditionnelle géorgienne

Après 3km, j'arrive à Gomareti. Je tourne à droite, et effectue 1 ou 2km de montée, avant une longue et lente descente dans une piste rendue boueuse par l'orage de la veille, sur laquelle je pousse mon vélo la plupart du temps.

Étant donné que Tsalka est située à la même altitude que Gomareti, il me faudra bien remonter tout ce que je viens de descendre. Je rejoins donc une route (enfin!), qui se mue en piste (zut!) au pied d'une nouvelle longue ascension de 8-10km sous une forte chaleur.
La piste reliant Tsalka est défoncée au possible. Mais dans cette ville, je me retrouve sur une route en bon état...pendant 3km, avant de retrouver une piste horrible. Je roule même plus vite que les camions tant elle est composée de trous!

Piste roulante: voie de communication d'importance nationale!

J'ai un fort vent de dos, mais il ne me sert pas à grand chose à la vue de l'état de la piste. Cela me mets d'ailleurs rapidement d'humeur maussade. Je m'arrête et lapide tout chien tentant de me poursuivre ou même d'aboyer à mon égard. Cela va devenir l'un des articles principaux de la Constitution Cycliste, dont les lois ne s'appliquent qu'à moi même, mais qui est aussi suivie par d'autres.
Lorsque je demande mon chemin, je suis invité par Gegard, un grec, à manger un peu et à boire de la vodka, qui fait beaucoup de bien en ces circonstances.
Je trouve avec peine la piste menant à Tabatskuri. Pour rejoindre celle ci, je dois d'abord grimper un col à plus de 2000m d'altitude, dans une piste variée: terre, grosses pierres, sable.



                                        De mieux en mieux...



L'une de mes photos préférées: belle luminositéet superbe contraste

Une église arménienne abandonnée fait office du début de la partie la plus difficile: des passages à plus de 10% sur une piste composée de très gros cailloux, dans laquelle je pousse mon vélo la plupart du temps.

Des bergers azéris me proposent à manger, mais je décline. Je ne désire qu'une seule chose: dormir. Camper est très facile ici, au sommet de ce col. Il suffit juste de sortir de la piste, puis de planter ma tente. Seul le vent fort pourra m'empêcher de bien dormir.

16/07
Hauteurs de Tabatskuri - Vardzia:90km
J'ai toujours le vent de dos lorsque je redescends ce col, pour arriver au bord du lac de Tabatskuri. J'aperçois alors d'anciens volcans à plus de 3000m d'altitude. Je passe rapidement dans cette bourgade, dans laquelle j'assiste à une bataille de chiens. Super, ils se battent entre eux! Si au moins ils allaient jusqu'au bout...

Le lac est situé aux pieds de volcans éteints à plus de 3000m.

Vue sur Tabatskuri et son lac

Je fais encore 15km, et je trouve un endroit pour faire ma toilette, juste devant une maison. L'inévitable se produit: je suis invité par une famille d'arméniens à manger (fromage, yaourt, tomates, pain) et à boire (mais juste du café).
Après quelques kilomètres, je m'arrête à nouveau sous les appels d'un paysan, que j'aiderai à scier un tronc d'arbre. Pas jusqu'au bout, car il me faut aussi continuer jusqu'à Vardzia.

Le premier panneau indicatif depuis Tbilissi!

J'arrive à Akhalkalaki, ville essentiellement composée de population arménienne. Un arménien me dira même: ''Tu viens de me dire merci en géorgien. Ici, c'est l'Arménie!''(!) J'ai maintenant un très fort vent de dos. Je suis en roues libres sur les longues lignes droites, goudronnées dans un premier temps.
Je parviens à trouver la petite piste perdue au milieu de nulle part menant à l'endroit désiré: une piste de terre avec toujours ce fort vent de dos. Idéal! Aucune secousse. Par contre, le temps se couvre et tourne à l'orage. Je mets donc la plaque (grand plateau) et me dépêche d'en finir, car si la piste est terreuse, elle peut aussi devenir rapidement boueuse.

Après ce no man's land, j'arrive dans 2 villages, dont l'un composé de maisons identiques et en ruines.

Village sinistré

Et là, c'est fantastique: une vue d'hélicoptère sur l'ancienne ville troglodyte de Vardzia. Je descends maintenant par une piste caillouteuse dans le canyon menant à ce site extraordinaire.

A l'origine, Vardzia servait de place forte contre les turcs seldjoukides tout proches. Mais en 1185, la reine Tamar y fit établir un complexe monastique qui grandit en une métropole de près de 50 000 habitants à son apogée. Les maisons étaient reliées par un vaste réseau de tunnels et de passages souterrains.
En 1283, une partie de la ville s'effondra dans un tremblement de terre. Ayant perdue de sa superbe, Vardzia fut d'abord prise par les perses, puis par les turcs aux XVIe siècle, avant que les moines ne réinvestissent les lieux aujourd'hui.
Payer 3 laris (1,2€) pour visiter ce site n'est pas cher payé. L'église de l'Assomption, et surtout ses iconographies, sont splendides.



Tunnel non éclairé

Je campe à l'abri de la pluie qui s'abat, devant la maison faisant office de billetterie. Je mange avec 2 suisses, partis de chez eux en voiture, avant de m'endormir dans un sommeil réparateur.

17/07
Vardzia - Akhaltsikhe: 70km

Ah oui, effectivement, je me disais aussi...

Dernière vue sur Vardzia

Après avoir quitté les deux suisses visitant le site de Vardzia et roulé quelques kilomètres, voilà que je rencontre...à nouveau deux suisses, à vélo cette fois. L'un en vélo normal, l'autre en vélo couché, ils sont parti de Kars, en Turquie, et comptent rejoindre Batoumi en passant par l'Arménie.
Rencontre brève. Je poursuis mon chemin sur une route qui devient par miracle un ''billard'' (en excellent état). Désormais, la route sera globalement bonne jusqu'à Akhaltsikhé, hormis quelques courts passages, notamment pour cause de travaux.
Je ne visiterai pas le monastère de Sapara, l'une des merveilles de la région. Et pour cause, celui-ci, dont le nom signifie ''caché'', est qui plus est situé en altitude.
Poursuivi par quelques chiens, dont j'ai pris l'habitude de lapider désormais, j'arrive assez rapidement à Akhaltsikhé. C'est dans cette ville, mi-géorgienne, mi-arménienne, qu'est née la famille de Charles Aznavour (oui, vous savez, le chanteur...).
Bref, je fais une pause dans cette ville, d'une part pour échanger la monnaie en trop, et d'autre part pour trouver un tchourtchkhéla, du coulis de raisin séché autour d'une ficelle avec des noix à l'intérieur. Je n'en ai encore jamais mangé en Géorgie. Avec difficulté, je pourrai en trouver, mais le goût n'est pas à la hauteur de ce à quoi je m'attendais.
Une Ford s'arrête. Giorgi et son cousin m'invitent à boire de la vodka (encore 4 verre), puis de la bière (1,5 litres). Puis Giorgi m'invite à dormir, vu que mon état ne peut me permettre de repartir que difficilement. Je laisse mon vélo chez sa grand mère, et j'irai dormir avec lui chez ses parents. Le soir, nous allons avec son cousin et l'un de ses amis à un observatoire en voiture, situé à 25km. Mais, la faute aux nuages, nous irons finalement dans des bains d'eau naturellement chaude (et à l'odeur de soufre): je suis à proximité de Bordjomi. L'eau des environs de cette ville et station thermale, est d'une richesse peu commune. La boire est vivement recommandée pour diverses maladies du système digestif, les maladies cardio-vasculaires, ou encore des carences nutritives...
Je suis très fatigué. Et la soirée n'est pas encore terminée, car Giorgi, ayant fait ses études d'économie en Allemagne, m'emmène dans un bar, avec d'autres de ses amis, où je bois encore plus d'un litre de bière (ils me forcent presque à la boire).
C'est mon dernier soir en Géorgie, et je ne l'oublierai pas de sitôt.


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