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Retour en France
Tu te feras prendre en stop sans lever le pouce, tu mangeras à volonté, tu boiras le thé à n'en plus finir, tu seras invité à dormir, tu ne prendras pas le train, tu ne pédaleras plus...
24/07
Mus - Köprücük
Le petit déjeuner est pris avec tous les employés de la station, ainsi que le patron.

En compagnie de toute l'équipe de cette station service
Je quitte Mus et mes compagnons avec un vent défavorable, assez démotivé.
Après 12km, alors que je m'accroche à un tracteur, Wallad, la fourgonnette remplie de moutons, me propose de me prendre en stop. Comme je me le suis fixé la veille, j'accepte, et j'escamote 25km.
Je roule 2km avant de m'arrêter à un chekpoint. Haliz, un ingénieur kurde, me propose de monter dans son 4x4 jusqu'à Varto. Nous mangeons dans un restaurant, en compagnie également de Bilal, un turco-français résidant à Bordeaux et passant ses vacances à Varto (j'apprendrai qu'il y a beaucoup de turcs partis travailler en France résidants à Varto). Lui et Haliz se battent pour payer (je n'ai même pas eu mon mot à dire). Bilal veut me payer le bus jusqu'à Erzurum, sans que je ne lui demande rien. Il en est hors de question: je peux me débrouiller tout seul! Alors, il me tend un billet de 50 liras (25€)! Ma réponse est identique. Si l'on m'invite à manger, à boire, ou à dormir, j'accepte. Cela permet d'établir un contact, c'est un plus pour moi (même s'il n'est pas nécessaire. Une simple discussion permet d'établir un contact fort), comme aussi pour l'hôte. Car finalement, on ne rencontre pas un jeune cycliste français tout les jours dans ces lieux en Turquie. Mais me payer le bus, ou me donner de l'argent, cela revient à profiter de l'hospitalité. Si je suis parti, c'est que j'ai les moyens de vivre de manière autonome.
Bref, je poursuis ma route en direction de Karliova. Je monte un col à plus de 1750m d'altitude. Par la suite, la route est vallonnée: pas un mètre de plat! L'orage menace, mais j'ai le vent de dos. Finalement, je n'irai même pas jusqu'à Karliova, car, à peine la pluie commençant à tomber, me voilà invité chez une famille de paysans. Je n'ai fait que 40km.
L'on me dit que je suis le 2e ou le 3e touriste de l'année, touts catégories confondues.
Aurais-je du retard? Je dois être à Erzurum au maximum après demain, et il me reste 150km environs. Suleymane et ses parent m'offrent donc du thé, à manger, une douche (avec eau chauffé au feu de bois). Enfin, nous regardons la télévision satellite. Ah, les bienfaits de la mondialisation...
25/07
Köprücük - Sivas
Les parents de Suleymane veulent que je reste vivre avec eux. Eh, mais j'ai mes études moi. Et j'ai aussi de la famille en France! Donc je continue. Je fais à peine 5km. Une camionnette s'arrête. Cihat et Yasin Baba vont jusqu'à Erzurum et proposent de m'emmener. Le pacte que je m'étais fait à moi même il y a 2 jours tient toujours. J'accepte. Cela m'évite 2 cols à plus de 2000m. Ils me laissent à Erzurum. Comme j'ai le temps, je décide de continuer jusqu'à Erzincan avant de prendre le train. Je fais une vingtaine de kilomètres, non sans m'être arrêté dans une station service pour me faire à mangé...et me voire invité à prendre le thé, avant que la pluie ne s'annonce.

Cihat et Yasin Baba
Je trouve refuge sous une autre station service-restaurant, où je déguste un nouveau thé. Deux chauffeurs de camion, prenant leur déjeuner, vont à Amasya, et proposent de m'emmener. J'accepte. Finalement, Hanofi et Ercan m'emmènent 70 km après Erzincan, au croisement des routes pour Sivas et Amasya. Comme j'ai encore un peu de temps, pourquoi ne pas continuer jusqu'à Sivas, pour prendre le train par la suite?

Ercan et Hanofi
Même pas le temps de réfléchir, je fais 2km, et hop! Ismaïl, autre routier, propose de m'emmener jusqu'à Sivas! Mais il est fatigué, et je crains qu'il ne nous arrive quelque chose. Les paysages sont superbe le soleil couchant. Mais je ne regrette rien. Mon voyage à vélo semble terminé.
C'est incroyable! Alors que je n'ai rien demandé, que je n'ai pas levé le pouce, et sans vraiment le vouloir au départ, je me retrouve à Sivas, soit à 800km de mon point de départ. Pékin-Express? Petits joueurs...
Encore mieux. Demain, Ismaïl ira à Ankara et se propose de m'emmener. Alors qu'il dort dans une fabrique afin de remplir son camion, je dors quant à moi dans une station service à quelques encablures.
26/07
Sivas - Yozgat
Je prends mon petit déjeuner, invité par une famille de routier (un couple et leurs enfants!). La nourriture est très consistante.
J'attends désormais Ismaïl, qui doit venir vers 9h.
Les employés de la station m'offrent le thé (à volonté), puis à manger. A midi, je n'aperçois toujours pas Ismaïl.
Alors que je ne demande toujours rien, je reçois une nouvelle proposition, pour aller à Kayseri. L'idée de visiter le Cappadoce me vient à l'esprit.
Ismaïl vient enfin, à 15h. Tant pis pour le Cappadoce. Nous partons ensemble, mais son compagnon de route, dans un autre camion, crève. Après de long moments afin de réparer le problème, nous repartons. Le camion avant lentement dans les montées de l'interminable yoyo: dans sa remorque, il y a près de 26 tonnes...
Finalement, nous arrivons à Yozgat, où nous dormons dans la même cabine, non sans avoir mangé quelques lahmacun.
27/07
Yozgat - Ankara

A droite, Ismaïl
Cette fois, nous irons jusqu'à Ankara. Mais avant cela, nous regardons les ouvriers décharger le camion. Nous mangeons sur le chantier, puis repartons, en début d'après-midi. Il me laisse donc à Ankara. Fin de l'aventure en stop, après près de 1400km au total!
J'avais échangé quelques uns de mes liras contres des euros à un turc n'en ayant pas besoin à Mus. Aussi, depuis quelques 5 jours, j'ai tenu avec seulement 8 liras (4€). Et encore, je n'en ai dépensé que 2 (1€), soit une moyenne de 20 centimes d'euros par jours. Moins bien que la Hongrie l'an dernier cependant, où je n'avais pas dépensé 1 centime durant 5 jours...
La circulation est infernale. Je traverse notamment une voie rapide (4 files), pleines de voitures défilants à toutes allures. Ma plus belle frayeur de la journée!

Magazin...de voitures (coquines?)
Les banques sont fermées. Je dois donc attendre le lendemain pour réserver mon billet de train. Je cherche donc un endroit pour camper; Pourquoi pas un parc? A première vue, bonne idée. Mais force est de constater que le premier parc est fermé, et que le second est fréquenté par une foule immense et parfois de personnes un peu louches. Je demande donc la direction d'un autre parc à un passant...qui m'invite à dormir chez lui!
Okan et sa petite amie, Daria, m'invite également à manger des lahmacun, avant que je ne m'allonge sur le clic-clac de ce professeur de mathématiques.
28/07
Ankara - Istanbul
Encore un petit déjeuner consistant, avant d'échanger de l'argent à la banque, puis de partir, en compagnie de Okan à la gare. Le train coûte 12 liras (6€) pour effectuer 450km jusqu'à Istanbul!
Le train a 2h de retard, et Okan, patientant avec moi, m'offre un kebap.

Avec Okan
Bien qu'il ait un compartiment spécial pour les bagages, les contrôleurs veulent me faire payer un supplément pour le vélo. Grâce à l'aide de Okan, il ne me feront rien payer.
Le confort du train reste passable, bien que le trajet soit long. J'entame la discussion avec la plupart de mes voisins.
J'espère que mon vélo n'a pas été volé lors d'un arrêt...
29/07
Ce n'est pas le cas. J'arrive à Istanbul vers 2h du matin, après 9-10 heures de train. Je bivouac dans la gare du XIXe siècle d'Haydarpasa, avant qu'une personne nettoyant le parquet me dise gentillement de déguerpir. Je me mets ailleurs. Deux heures plus tard, nouvelle demande. Ça commence à m'énerver, et comme cela me rend de mauvaise humeur, il n'en faut pas beaucoup plus pour que je ne lui règle son compte...
Je déambule donc à 5h du matin dans les rues d'Istanbul, prends le ferry, rejoins Sultanhamet (la Mosquée Bleue), puis m'allonge sur un banc afin de songer me reposer. A 8h, je vois déjà les premiers cars de touristes, qui se suivent, s'arrêter devant la Mosquée Bleue. Le cadre est splendide. D'un côté, cette formidable mosquée du XVe siècle, et de l'autre, Ste Sophie, ancienne église byzantine construite au VIe siècle sous le règne de l'empereur Justinien, transformée au XVe siècle en mosquée, puis actuellement en musée.

Mosquée Bleue

Et Sainte Sophie juste en face

Dans la Mosquée Bleue

Sainte Sophie, à nouveau
Je visite la Mosquée Bleue dans une marée humaine. C'est est déjà trop! Je regrette les paisibles instants géorgiens ou de l'Est de la Turquie... Vu la file d'attente qui se presse pour visiter également Ste Sophie, je ne vais pas plus loin. Pas de Topkapi donc, ni de Ste Sophie Ce soir, je compte prendre le bus pour Sofia. Je ne pourrai alors pas assister au coucher du soleil, vue du parc entre ces 2 monuments aux riches passés , qui doit être merveilleux. Ce sera l'un des petits et rares regrets de mon voyage.

Un monument bien plus paisible que ceux observés auparavant. Cette ancienne église byzantine (construite avant Sainte Sophie!), fait office aujourd'hui de mosquée...
Le bus accepte les vélos sans suppléments. Très confortable (sièges en cuir, stewart apportant du thé...), il ne m'en coûte pourtant que 45 liras, soit 23€ (pour 600km)! Je dépense mes derniers liras pour m'empiffrer (eh oui, il ne me servirons plus après), avant de prendre le bus de nuit.
30/07
Istanbul - Sofia
Alors que je passe une nouvelle nuit sans sommeil, j'arrive le lendemain matin à Sofia. Ma mauvaise humeur s'est encore accrue. Le premier bulgare qui vient à m'embêter va se prendre une taulée. Je suis comme un zombie: j'ai dormi moins de 5h en 3 jours. Je trouve un parc près de la cathédrale Alexander Nevski, le seul monument de Sofia qui en vaille la peine, et je me repose.

Eglise de type russe

Cathédrale Alexandre Nevski
Je me réveille à 11h, un bazar a pris place autour de moi.
Je cherche un vendeur de cycles afin de prendre un carton pour mettre le vélo dans l'avion. Je rencontre alors Milen, qui m'invite à boire dans son local d'assurances. Il m'accompagne chez un revendeur de cycle, qui veut me faire payer entre 3 et 6€ pour le carton, qu'il recevra 2h plus tard. J'attends donc dans le local avec Milen, puis repars seul à Drag Cycle. Alors que je pose mon vélo contre une porte, un imbécile manque volontairement de le faire tomber pour ouvrir la porte. C'en est trop. Alors que je lui crie dessus, il me saisi à la gorge. Je tiens toujours le vélo, et m'apprête à le poser pour le rouer de coups lorsqu'il s'arrête. Je retrouve mon sang froid et me concentre finalement à attacher le carton au vélo. Je ferai comme les voyages précédant, et je roulerai dans Sofia avec, attaché sur le porte bagages arrière. Comme je suis toujours énervé, le vendeur peut dire adieu à son argent, et je pars sans payer.
Je loge dans un appartement appartenant aux grands parents de Stefan. Oui, vous savez, le canado-bulgare que j'ai rencontré l'année dernière à Veliko Tarnovo. Il se trouve que l'on a gardé des contacts. Cet appartement est loué à une étudiante et à sa mère, gravement malade. Du coup, son père, ancien joueur professionnel de ping pong et ex-entraîneur bulgare dans cette discipline, y loge également (je communiquerai en turc avec le père, et en allemand avec la fille). Mais il y a toujours de la place pour dormir...
31/07 - 1/08
Je passe ma journée à me reposer, à préparer mes bagages, avant de manger dans la toute petite villa des grands parents de Stefan, située sur les hauteurs de Sofia.
Le lendemain, je prends l'avion, et arrive à Milan vers 13h. Je roule jusqu'à Susa. En chemin, je mange une pizza en discutant avec le très sympathique Tony. Puis, passant à Turin la nuit tombée depuis 2h, je rencontre Roberto, cycliste qui me fait visiter cette superbe ville, puis qui me donne des piles pour mon éclairage.
A 30km de Susa, je me repose dans un local abandonnée 3h durant. J'ai roulé jusqu'à 4h du matin, en effectuant plus de 170km...
Un orage très violent tombe à Susa. J'attends donc mes parents, avec qui j'avais donné rendez vous en ce lieu, durant plus d'une heure. Mon voyage est terminé. En route vers de nouvelles destinations...
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