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BISHKEK - DELHI
 

Turquie: Kurdistan

Grondé par les orages sur les hauts plateaux
18/07
Akhaltsikhe - Cildir: 125km
Après avoir récupéré mon cher et tendre 2 roues, je m'apprête à quitter la Géorgie. La frontière de Vale est située à environs 20km, majoritairement constitués de montées. Les yoyos incessants indiquent d'ailleurs la proximité turque...
Pendant 7km, peu après le village de Vale, jusqu'au poste-frontière, la route laisse place à une piste très caillouteuse. Rien à voir toutefois avec celles connues auparavant.
Je marque une pause à la frontière. Les mots du douaniers géorgien seront en français: ''Revenez en Géorgie''. Pourquoi pas? Quand le réseau routier sera refait!
Alors qu'un douanier turc se trompe et me tamponne en tant que sortant de la Turquie (erreur rattrapée, heureusement), je discute longuement avec un autre douanier. Un minibus arménien s'arrête. ''Pour eux, je suis un barbare'', me dit-il, en référence aux évènements entre turcs et arméniens durant la 1e Guerre Mondiale. Nous rions en pensant que, la querelle passée peut parfois devenir aussi stérile que puérile.
Il me faut tout de même repartir. D'autant plus que je dois au moins finir un col situé à plus de 2540m d'altitude: l'Ilgar Geçidi. La route est vallonnée jusqu'à Posof, qui marque le véritable début de l'ascension, de 20km, durant laquelle je rencontre un franco-turc vivant à Alençon, qui me propose de me prendre en stop puis de m'inviter à manger. Malheureux! Un col de cette envergure, ça ne s'escamote pas!
D'ailleurs, je suis même fort étonné du développement employé: du 36/24 sur des pentes avoisinant pourtant les 6%. Il faut dire que j'ai effectué très peu de longues distances en Géorgie, la faute à ces satanées pistes. L'avantage en est que je suis relativement frais et puissant, du moins encore pendant les prochains jours.
L'orage menace et se rapproche inéluctablement, mais ne parvient pas à complètement gâcher ces superbes paysages, ces montagnes verdoyantes dans lesquelles l'on peut parfois apercevoir une yourte de berger nomades. Je descends en vitesse, non sans avoir été invité par des bergers à manger une brochette d'agneau.
Le vent me pousse, et j'en profite pour faire un maximum de kilomètres avant que la pluie ne se mette à tomber. J'essuie quelques averses, mais je parviens à m'abriter dans une station service, où je bois à nouveau du thé (tiède). Finie la vodka. En repartant, je vois 2 chiens qui viennent de mettre à sac mes bagages avants et d'y manger mon repas du soir, un khatchapouri, souvenir de la Géorgie! Ces cabots, impolis qui plus est, se permettent même le luxe de m'aboyer après. Qu'est ce que je ne donnerais pas à cet instant précis pour une arme à feu...Je dois encore me contenter de pierres pour leur faire au moins un peu souffrir.
Je retrouve l'un de mes portefeuilles, ainsi que mon appareil photo 15m plus loin. Mais tout est en bon état, et c'est l'essentiel.
Comble de l'ironie, la pluie n'a pas stoppé, et je me suis donc arrêter pour rien (si, 2 thés tièdes, et avoir les droits suprêmes de repartir trempé et sans khatchapouri). Avec le soir qui arrive, je commence à avoir froid. La pluie s'intensifie, et de plus en plus froide, me trempe jusqu'aux os.

Arrivé à Cildir, je suis frigorifié. Le premier abri que je trouve est encore une station service. Je suis du coup encore invité à prendre le thé. Finalement, Ugur et Tugai me laisseront dormir à l'intérieur.

19/07
Cildir - Tuzluca:195km
La journée la plus longue du voyage, en terme de kilomètres. Au départ, je bénéficie d'un soleil radieux. J'avais prévu de faire une piste à l'Ouest du lac de Cildir, mais la pluie de la veille m'en dissuade. Il y a tout de même mieux que de rouler dans la boue!
La route qui longe le lac à l'Est (plus longue que la piste à l'Ouest) est un peu vallonnée. Mais j'ai globalement un vent favorable.

Le lac de Cildir

20km avant Kars, je rencontre des ouvriers assis à côté de leur bâtiment préfabriqué. Ils me proposent du thé, puis m'offrent à manger, et notamment des loukoum, célèbre sucrerie turque.
Lorsque je décide de continuer, je suis repu. La route, toujours aussi vallonnée, devient soudainement gravillonneuse et poussiéreuse. Cela devient vite agaçant avec le trafic important (bronzage-poussière).
Peut être est-ce une impression, mais certaines personnes, et surtout des enfants ou adolescents me regardent d'un œil étrange à Kars. Je ne m'y sens pas comme chez moi, malgré quelques signes d'hospitalité évidente.
Passé Kars, je me trouve au pied d'une nouvelle difficulté: un col à près de 2300m. Ce n'est pas très raide, fort heureusement. Par chance, un tracteur me dépasse doucement. Je saisi l'occasion (dans tout les sens du terme). Je reste accroché près de 10km durant.
Je disais que je n'aimais pas être pris en stop lorsque je grimpe un col. C'est toujours vrai. Mais, entre monter dans une voiture et s'accrocher à un tracteur, il y a quelques différences. S'accrocher demande un effort musculaire. Par ailleurs, il arrive souvent de lâcher quelques instants, durant lesquels il me faut pédaler d'autant plus.
Je le lâche (si vous le comprenez dans le sens positif, j'en serais très honoré; mais ce n'est pas le cas) vers la fin. Cela devenait trop dangereux, car il roulait de plus en plus vite, sure une route où se croisent fréquemment toutes sortes de véhicules (camions...).
Au sommet, un gamin me jette une pierre, sans parvenir à m'atteindre. J'avais lu certains récits ainsi que des forums qui en parlait. Aussi, cela ne me surprend pas tellement...mais me donne envie de donner à ce jeune garçon le même châtiment que celui réservé aux chiens qui me courent après!
Devinez la suite? Le soir...un orage. Plus violent que la veille. Heureusement, je parviens à peu près à éviter la pluie sauf pendant 10 minutes de terrible averse.

Allah

J'ai maintenant un très fort vent de dos. Je suis en roue libre, même sur de longs faux-plats! Dans les virages, cela devient très dangereux, car le vent m'emporte sur les côtés.
J'arrive de nuit à Tuzluca. Je campe dans la benne d'un camion (sans permission cette fois) à la sortie de la ville, non sans avoir chassé les quelques chiens à coups de pierres. La nuit devient étoilée. Le vent a chassé les nuages.

20/07
Tuzluca - Ishakpasa: 100km
J'ai peut être un peu abusé sur la distance hier et la ressens dans les jambes aujourd'hui. Il fait chaud, mais le vent m'est encore favorable.
En point de mire, le mont Ararat, volcan éteint et montagne la plus élevée de Turquie, culminant à plus de 5130m d'altitude. Si le mont Kazbek est un haut lieu de la mythologie grecque, le mont Ararat, quand à lui n'est pas moins célèbre dans les récits bibliques. Ainsi, c'est sur ses pentes que l'arche de Noé accosta, après le déluge. C'est de cela que provient l'importance de la signification du volcan pour les arméniens, montagne sacrée dont la frontière n'est située qu'à quelques kilomètres.
Comme je m'y attendais, des nuages couvrent le sommet de l'Ararat. Son imposante altitude doit certainement contenir ces nuages.
Après avoir refusé, comme la veille, une prise en stop par un automobiliste, je marque une pause dans une station service. Je peux même y prendre une douche bien méritée! Kasin m'invite par la suite à prendre le thé, puis à partager son repas.
Il me faut repartir, malgré la tristesse de devoir quitter ce père de famille trentenaire.
Les enfants deviennent décidément plus chapardeurs: à Igdir, je reçois pour accueil un jet de graviers...charmant. Cette ville sans intérêt de 70 000 habitants est située au pied d'un col à plus de 1650m d'altitude, après plus de 10km d'ascension, dont une partie dans une piste poussiéreuse avec un trafic important (je vous laisse imaginer l'état dans lequel j'étais en retrouvant le bitume). Je m'agrippe à un tracteur pendant toute la fin de l'ascension, après m'être accroché quelques temps à 2 camions. Adam (c'est le nom du chauffeur) va même me tirer une grande partie du trajet jusqu'à Dogubayazit. Cela me permet de m'abriter du vent de face, qui souffle assez fort. Au sommet du col, alors que Adam fait une pause, je réprimande un enfant dont je soupçonne de vouloir me jeter une pierre lorsque je repartirai (il en tenait une dans sa main). Il la laisse tomber aussitôt. De toute façon, s'il me l'avait lancé, j'avais prévu moi aussi des réserves de pierres (un peu plus grosses) pour répondre de ses assauts.

Le mont Ararat

La vue sur le mont Ararat est magnifique. Mais ce n'est rien comparé à ce qui m'attend quelques kilomètres plus loin. En effet, de Dogubayazit, je monte 3km sur une route pavée très raide par endroits jusqu'à l'Ishakpasa (10% de moyenne!). Ce palais turc du XVIIe siècle faisait également office de caravansérail pour les marchands transitant sur l'une des anciennes routes de la soie, sur laquelle il est est situé.
Son cadre est exceptionnel. Peut être l'un des plus beaux moments du voyage, si ce n'est le plus beau, le plus spectaculaire. Juché à plus de 1920m d'altitude, il offre une vue incomparable sur les environs de Dogubayazit et sur les hauts plateaux qui l'entourent.
Les couchers et levers du soleil sortent de tout ce dont l'imaginaire peut rêver. Je nage en plein bonheur. Et malgré quelques averses, je savoure ces moments si rares et exceptionnels.
Il m'arrive vraiment de bivouaquer dans des cadres idylliques...

 

Un lac? Une mer? Peut être bien les deux...
21/07
Ishakpasa - Ercis: 140km
Un autre moment magique est le lever du soleil sur l'Ishakpasa, que j'ai vraiment du mal à quitter. Néanmoins, je ne pourrai pas le visiter, car ses portes ouvrent à 9h. Étant donné que la longitude est la même que celle de Tbilissi (l'heure turque se base sur la partie occidentale), 9h correspond finalement à 10h. Trop tard pour moi, qui ne peux me permettre d'attendre 2 heures supplémentaires.

Après avoir été invité à prendre du thé dans une station service à proximité de Dogubayazit, je me dirige vers un nouveau col: le Tendurek Geçidi, à 2644m d'altitude (mais qui est seulement situé en réalité à 2520m).
Si je m'accroche les premiers kilomètres à un tracteur, sa vitesse élevée me fera lâcher. Sous la chaleur, j'ai du mal à finir, malgré ma bonne récupération de la journée de l'avant-veille.
Le décors est très volcanique. D'anciennes couches de laves bordent la route au sommet ainsi que les premiers kilomètres de descente.

Après qu'un paysan me fasse partager des raisins, je continue dans la direction du lac de Van. J'ai le vent de dos sur un faux-plat descendant. Rien de mieux.
La présence militaire est ici très importante. Elle l'était déjà près de Zugdidi en Géorgie, puis à partir de Kars, mais il n'y avait pas de contrôle. Ici, les chekpoints sont nombreux, mais les contrôles, ne posent pas de problème pour moi. En effet, j'arrive dans la province de Van. Je suis dans la partie kurde de la Turquie.

Paysages monotones

J'avais prévu de prendre une piste en direction de Özalp, et rouler dans des coins oubliés du Kurdistan turc, mais je n'ai plus ma carte de la Turquie. Il est donc préférable de continuer sur les grands axes.
Un orage arrive. Je me dépêche de trouver un abri, et manque ainsi la superbe et impressionnante cascade de Muradiye. Je m'abrite dans une station service, où l'on m'offre du thé, avant que la pluie ne s'arrête. Le soleil est revenu. Je peux ainsi repartir. Seulement, je ne sais pas quelle direction prendre: Van ou Ercis? Question s'il en est existentielle, j'opte finalement pour la seconde solution, moins montagneuse (je commence à être un peu fatigué).
Je longe le lac de Van, le plus grand de Turquie. Il s'agit d'un lac salé, qui n'a pas de débouché. Faisant 120km de long sur 80 de large avec une profondeur maximale de plus de 450m, il pourrait ainsi aussi bien s'agir d'une petite mer intérieure.

Le lac de Van

Je m'arrête dans une station service, où je bois le thé et dans laquelle le pompiste me m'offre une carte routière de la Turquie. Voilà qui est très pratique, même si elle n'indique que les grands axes.
Un groupe de turques et de kurdes, parmi lesquels notamment un médecin et un enseignant me font partager une pastèque avant de se baigner dans les eaux du lac. Une baignade que je ne tenterais pas, étant donnée le nombre de mes piqures de moustiques et l'eczéma sur les pieds... En effet, l'eau du lac de Van, qui est évacuée par évaporations, et ainsi très alcaline.
Le soleil se couche. J'arrive enfin à Ercis. Je m'arrête dans un supermarché à proximité d'un complexe d'immeubles neufs, proches des rives du lac. Et là, je deviens en quelques minutes l'attraction du quartier. Tout les regards se tournent vers mon vélo, puis moi. J'achète des pains. Je n'ai même pas le temps de les ranger dans mes sacoches que me voilà avec une glace à la main, offerte par le marchand, Ferit. Je suis invité à boire le thé, et à manger quelques glaces en compagnie de Ferit donc, mais aussi de Cikolat et de Selari notamment...jusqu'au moment où arrive Halil, un étudiant en sciences politiques anglaise et en philosophie, qui m'invite à dormir chez lui.
Je mange à nouveau, puis bois donc le thé en compagnie de son grand frère, Ugur (qui admire Danielle Mittérand pour sa défense du peuple kurde), avant de m'endormir dans un profond sommeil. ''Welcome to Kurdistan'', comme m'a dit un kurde sur les rives du lac de Van. Voilà qui pourrait déplaire à nos amis turcs...

22/07
Ercis - Tatvan: 110km
Aujourd'hui, je bats mon propre record. Pas celui du nombre de kilomètres, mais celui du nombre de thés: plus de 2 litres dans la journée!
Pourtant, je suis parti tard: à 10h, quittant mon ami philosophe (un peu trop d'ailleurs) Halil.
Quelques kilomètres plus tard, me voilà déjà à prendre du thé dans une station service.
Après avoir passé un chekpoint, avec contrôle, m'indiquant que je suis dans la province de Bitlis, je m'arrête dans une station service-restaurant, où l'on m'offre encore du thé. Je m'arrête plus loin, sur les rives du lac que je longerai toute la journée, afin de pique-niquer. L'un des baigneurs kurdes me propose de m'inviter à dormir...à Ercis. Je décline, car je dois quand même avancer.
La route est en mauvais état, recouverte de gravillons (certainement afin d'e faire face au goudron fondu).
Je suis à nouveau invité à prendre quelques verres de thé dans une station service.
Je discute avec un ingénieur turc venu passer ses vacances chez sa famille. Mis à part le fait qu'il déteste Danielle et François Mittérand (''Il est mort? Oh, voilà une bonne nouvelle!'') pour leurs relations avec les kurdes, nous parlons de la bataille de Mantzikert (Malazgirt en turc, d'où la difficulté à savoir), proche du lac de Van, de 1071, qui a vu les seldjoukides de Alp Arslan l'emporter sur l'armée byzantine, et s'installer ainsi durablement en Anatolie. Mais surtout, nous abordons la question épineuse du génocide arménien. Comme tout les turcs avec qui j'ai abordé le sujet, il n'y a pas eu de génocide. Les plus ouverts parlent de massacres commis en période de guerre, donc dans des circonstances atténuantes. Mais lui, accuse les victimes, et fait passer les actes des arméniens comme de la barbarie, ce qui est moins acceptable. Je veux bien que l'on remette en question le génocide en en débattant sainement. Après tout, les sources écrites manquent (merci le gouvernement turc!). Ce qui est moins tolérable, en Turquie, ce sont que les autorités persistent à le nier et à interdire toute publication acceptant le terme de génocide. Pire encore, l'auteur risque plusieurs années de prison pour cet acte, ''contraire à l’intérêt fondamental de la nation'', qui est notamment...le négationnisme du génocide. Vive la liberté d'expression! Du coup, forcément, tout les turcs vous diront qu'il n'y a pas eu génocide, que les arméniens sont des menteurs. Normal, rien ne leur permet de penser le contraire: l'éducation, les livres...tout est tourné vers cette unique position: celle du négationnisme.
Rappelons les faits, sans trop s'attarder. En 1914, l'Empire Ottomans s'engage aux côtés de l'Allemagne. La population arménienne, longtemps méprisée et réprimée par les ottomans, s'allie aux Russes, qui sont eux même ennemis de l'Allemagne. L'Empire saisit l'opportunité pour déporter et massacrer plus d'un million d'arméniens. Simple représailles, ou volonté d'anéantir le peuple arménien? Difficile de savoir. Certains pays, comme la France, ont adopté la notion de génocide (diaspora arménienne?), d'autres ne l'ont pas fait, comme l'Angleterre ou les Etats-Unis. Il est cependant certain que l'on peut au moins qualifier ces actes comme des massacres de grande ampleur...
Le soleil commence à se coucher, et il fait déjà moins chaud. Je roule de nuit, cherchant un endroit pour camper. Une fourgonnette s'arrête et m'emmène à Tatvan, située à 30km, dans un parc, pour que je puisse camper paisiblement.
En des temps normaux, je n'aurais pas accepté. Mais, étant donné que j'ai été dans les endroits les plus beaux du voyage, et que j'estime qu'il s'agit là désormais un bonus, pour le terminer, je n'ai pas hésité.
Je termine donc la soirée en compagnie de trois kurdes sympathique, avant de m'endormir.
Je n'aurai pas vu les chats de Van, parmi les plus rares du monde, qui possèdent un œil jaune, et un autre bleu, et qui, autre particularité apprécient l'eau. Il semblerait que l'on en trouve à l'université de Van, qui est malheureusement fermée. Dommage, car cela aurait été l'attraction de la région...

23/07
Tatvan - Mus: 90km
Je prends encore du thé en compagnie de ces mêmes kurdes de la veille, parmi lesquels Idris.
Je quitte Tatvan sous le crachat d'un gamin. Arrêt brutal pour lui infliger une correction, mais celui ci s'est déjà enfui. Je continue en pensant à cet étrange paradoxe: si certains gamins mal élevés m'insultent, me courent après, me jettent des pierres, ou encore me crachent dessus, je suis en contre partie accueilli bras ouverts par ces kurdes chaleureux et généreux. Vraiment très étrange...
J'ai encore le vent de dos, mais seulement sur les premiers kilomètres, avant de tourner. Je passe à côté du mont Nehmrut, ce volcan éteint servant de piste skiable l'hiver, dont les coulées au autrefois condamné les débouchés du lac de Van.
Il fait très chaud. Les paysages sont très monotones, plus encore que ceux aperçus depuis la province de Van. Bref, je m'ennuie.
Plusieurs fois, j'entends un appel venant des stations services, me proposant de prendre le thé. Bonheur suprême: la plupart possèdent un réfrigérateur d'eau!
J'arrive à Mus. J'hésite à rentrer en train à Istanbul. J'estime mon voyage terminé: les paysages sont monotones, le patrimoine historique est sans grand intérêt. Seul l'accueil peut me permettre de continuer. Mais il n'y a pas de train avant...le 28 juillet. Tant pis, je continuerai jusqu'à Erzurum. Mais, désormais, je ne refuserai plus toutes les prises en stop. Je ne me doute pas encore qu'elles seront nombreuses...
Pour l'instant, après avoir discuté avec 3 kurdes dans la gare, puis avoir été assailli par 2, puis 4, puis 6, puis 8, puis 10 gamins, j'estime qu'il est temps de repartir. Car je vois du mauvais œil ces mouches qui me tournent autour.
Je dors dans le dortoir d'une station service, où les employés si généreux m'offrent des lahmacun...
Encore une soirée formidable...
Mon voyage à vélo est quasiment terminé. Mais ça, je ne le sais pas encore...


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