16/09/08
Kireevo - Gaganitsa:112km
Je déconseille fortement le thon Serbe! Bon, vous voilà prévenu lorsque vous irez au supermarché ou en Serbie. C'est la deuxième boite que j'ouvre, et, à chaque fois, je ne me suis pas senti bien. Mais là, je suis carrément malade, et ce, au beau milieu de la nuit...
Je me lève en apercevant au loin le soleil. Faux espoir hélas. Le ciel se recouvre peu après mon départ. Un paysan et sa femme sur leur charrette me proposent à manger et à boire chez eux. Malheureusement, je venais juste de déjeuner, et je suis toujours un peu malade pour de l'alcool local.
Les chiens bulgares se différencient peu des chiens roumains. Eux aussi attaquent. Je n'avais plus subi d'attaque depuis quelques jours déjà. Je pense que la pluie froide et le vent en Serbie les en ont dissuadé.
L'état des Routes est globalement bon et j'en suis agréablement surpris. La Bulgarie est pourtant un pays plus pauvre encore que la Roumanie, car elle a subi un communisme plus dur. Les Bulgares étaient directement dirigés par les Russes, alors que les Roumains l'étaient, eux, par un "tyran local" (Stalinien tout de même!), par l'intermédiaire de Gheorghiu Dej, puis de Ceaucescu. Quoi qu'il en soit, les Roumains tout comme les Bulgares n'ont pas dû beaucoup rire pendant cette triste période.
Pourtant, je remarque en Bulgarie des efforts non négligeables. Dans chaque village, sur le bord des routes, j'aperçois des poubelles et notamment des poubelles de tri des déchets. Ce n'est pas l'Autriche bien évidemment en matière de propreté, mais il y a la volonté de bien faire, et ce, avec la mise en place de certains moyens. C'est déjà cela!
Les routes sont en "yoyo", faites de montées et de descentes. Ce n'est pas facile d'autant plus que je suis malade. Je manque de force et je n'arrive plus à mettre la "plaque" (grand plateau), que je mets habituellement si souvent...
Arrivé à Belogradchik, je monte sur la forteresse, appartenant au patrimoine mondial de l'UNESCO: la forteresse de Kaleto.
La première partie de la forteresse a été construite sous l'Empire romain, et servait initialement à la surveillance.
Au XIVè siècle, les Tsars Bulgares ont étendu l'ancienne forteresse pour devenir l'une des plus importantes places fortes de la région sous Ivan Stratsimir, avant d'être prise par les Ottomans en 1396.
Elargissant la forteresse pour lutter face aux Hajduks (combattants luttant pour l'indépendance des Balkans), les Turcs ont apportés de grands changements au début du XIXè siècle, avant d'être utilisée pour la dernière fois lors de la guerre Serbo-bulgare en 1885.
Quoi qu'il en soit, voyant qu'il me faut laisser mon vélo à l'entrée, je renonce à débourser 3 leva (1,5€) pour ne visiter que 3 pièces (d'après ce que j'ai compris).
Après être reparti, je m'arrête à nouveau pour me faire un café. Je me sens mieux que tout à l'heure. Je monte un col (je ne m'y attendais pas). La route dans la descente n'est pas en très bon état. Des averses se mettent à tomber, et ce jusqu'au soir, où je trouve avec difficulté un endroit pour camper. Ma nuit ne sera pas de tout repos...

Ici tout est en Cyrillique...et c'est assez amusant de déchiffrer...
Le cyrillique est une spécificité en Bulgarie. Non pas que cet alphabet soit seulement employé dans ce pays, mais parce qu'il a été "inventé" en Bulgarie. En effet, au IXè siècle, l'Empire Byzantin envoie des missionnaires chez les Slaves, parmi lesquels Constantin-Cyrille est le plus important. Le roi de Moravie (entre l'actuelle République Tchèque et la Slovaquie), Ratislav, fait appel à Constantinople en 860 pour que les byzantins envoient des clercs qui enseigneraient le christianisme en Moravie, mais dans sa langue: le slavon. Constantin-Cyrille, qui parle le slavon, est envoyé avec son frère et s'attache à créer un alphabet slave, le glagolitique. Mais il s'avère complexe, et peu d'information nous sont parvenues. Après la mort de Constantin-Cyrille, puis, surtout, de Ratislav, la Moravie connait une période de troubles. Les disciples de Constantin-Cyrille sont chassés, mais acceuillis en Bulgarie en 885 par le khan Boris Ier. C'est d'ailleurs dans ce royaume qu'un disciple de Constantin-Cyrille améliore et modifie l'alphabet glagolitique, et lui donne le nom de "cyrillique", en hommage au créateur du glagolitique. Aujourd'hui, cet alphabet est employé non seulement en Bulgarie, mais aussi en Serbie, en Bosnie, ou encore notamment en Russie...
17/09/08
Gaganitsa - Konstinbrod: 91km
J'entends un bruit de pas à côté de la tente.
"Hého? Y-a quelqu'un?" Après avoir hésité, j'ouvre ma tente et aperçoit, avec l'aide de ma lampe une grosse grenouille grimpant sur mes sacoches. Me voilà rassuré, et je peux dormir paisiblement. Car mon petit couteau suisse n'aurait probablement pas fait l'affaire face à une attaque de bandits...
Je me réveille une seconde fois sous un ciel désespérément nuageux, pluvieux, et froid. C'est une véritable malédiction et je regrette presque d'avoir quitté la Roumanie. En effet, depuis que je suis passé en Serbie, je n'ai eu que du mauvais temps. Je ne suis pas pressé de partir et ma motivation s'en trouve au plus bas. J'en ai marre de ce temps. La chaleur de la plaine hongroise me manque. Je regarde mes provisions. Je n'ai plus de pain, ni de céréales. Il me faudra manger quelques cuillères de confiture accompagnées d'un café amer. Je me dirige vers mon vélo. Je m'aperçois qu'il me manque une vis qui fixe le porte-bagages aux bases (base du triangle arrière) du cadre. Je n'en ai plus de rechange (du moins, de ce type). Je prends alors une des vis du porte-bagages pour le fixer à la base, quitte à fragiliser cette pièce essentielle.
Il y a des jours comme cela où on ferait mieux de rester couché. "Plus qu'une semaine" me dis-je alors. Dans ces moments là, on voit toute l'importance du mental dans un voyage de ce type. Partir avec de la motivation n'est pas suffisant, il faut véritablement être têtu et opiniâtre, voir avoir un caractère de cochon. Si ce trait de caractère est un défaut dans la vie courante, il me permet d'avancer sur le vélo dans les moments difficiles et surtout des jours comme cela. Je ne prends en général (quand je suis seul et autonome) pas le bus, car je n'aime pas ça. Pourtant, il faut avancer. Avancer péniblement, avancer doucement, mais avancer quand même. Ce caractère, je conçois qu'il ne soit pas donné à tout le monde, et c'est tant mieux, sinon, le monde serait insupportable. Je n'ai jamais eu de grandes qualités et aptitudes physiques. Sur le vélo, ce qui me permet d'avancer, de tenir, de faire ces si longues distances, c'est mon mental. C'est un mental d'acier. Pourtant, aujourd'hui, il est sur le point de lâcher. Alors la motivation ne suffit plus: elle n'existe plus. Il faut plus que de la motivation. Il faut garder une lueur d'espoir. Il faut toujours avoir foi en soi. Quelqu'un de fragile mentalement n'est pas fait pour ce genre de voyage, ou alors il prendra le bus. Mais que se passera-t-il lorsqu'il ira dans des endroits totalement isolés, où il n'y a ni bus, ni véhicule? Le physique, c'est secondaire. La preuve? J'arrive à tenir sans pour autant avoir de grandes qualités physiques...
Soit. Je pars donc assez tard, mais je pars quand même. Et ce, le ventre vide sur le faux plat qui me mène à Berkovica où je trouve enfin du pain. Il s'agit du pied d'un col à plus de 1400m d'altitude sur une route granuleuse durant les 23km d'ascension. Je me retrouve dans le brouillard le plus complet et ne vois rien du parc National dans lequel je me trouve. Il fait très froid dans la descente et je m'arrête pour acheter du miel aux habitants locaux qui le vendent sur la route, juste devant chez eux. Il sera fort bon, mais le kilo ne durera que 3 jours au lieu des 5 escompté (quand c'est bon, je mange beaucoup).
J'ai le vent de dos. Mais la route remonte une, puis deux fois avant de redescendre. Il s'en suit une succession de "yoyos" (vous savez ce que c'est, depuis le temps que j'en parle). Une très courte éclaircie me permet de distinguer les paysages sauvages de Bulgarie. Je trouve en cela facilement un endroit pour camper et me prépare à nouveau pour une nouvelle journée de mauvais temps.
18/09/08
Kostinbrod - Samokov:98km
Encore des nuages! Il en devient presque inutile de le préciser. Mais au moins, il n'y a plus de pluie, ni d'averse.
Je descends et traverse Sofia. Je m'en sors bien, car je ne me trompe (presque) pas de route. Je suis assez agréablement étonné par l'état des routes dans la ville (mais pas aux alentours). Bien mieux que Marseille (c'est le "Tiers Monde" en France cette ville). La circulation est dense mais supportable, tout comme la propreté (pas terrible non plus) de la capitale bulgare (encore un plus par rapport à Marseille).
Ca y est, enfin, voici une vraie éclaircie. Pas de quoi exalter cependant, car les nuages sont toujours en grand nombre, et le froid, lui, est toujours présent. Je monte alors vers Samokov sur une petite route avec 15km d'ascension en "yoyos" (vous allez finir par l'aimer ce mot!!??). Il fait froid, mais le vent est de dos, et il souffle très fort. Je passe alors d'une petite route à une autre route plus grande et encombrée de camions.
Toujours des paysages sauvages...même au sein des villes! C'est ainsi que je campe dans un champ à quelques hectomètres (à moins que ce ne soit déjà dans la ville) de Samokov. Je dormirai paisiblement.
19/09/08
Samokov - Belli Iskar:51km
Je me lève une nouvelle fois sous les nuages et dans le froid. Je reste dans ma tente quelques longues minutes, peut être même plus d'une heure. J'avais prévu d'aller dans un Parc National avec un col à plus de 2200m, mais je crois que c'est tombé à l'eau. J'ouvre une nouvelle fois ma tente...Le soleil: YAHOU! Mais, bon, pas de précipitation, car on ne sait jamais...Bon, du coup, je vais y aller dans ce fameux parc. Il fait froid, certes, mais il y a un peu de soleil.
Je retourne sur mes pas (ou traces de roues) et demande ma route à un jeune bulgare. La mine renfrogné, il me mène sur la bonne direction, ce qui lui fait faire un détour de 2km à pied!
Le vent est favorable et me facilite la montée en ligne droite vers Belli Iskar. Non, je n'ai pas encore fini ma journée...
En me dirigeant vers le Parc National, c'est une bonne surprise de voir une route, défoncée certes, mais pas de piste. Du moins pas encore. Je monte une dizaine de kilomètres. Une barrière indique que la route est fermée. Un chien vient vers moi, mais personne d'autre. Je continue et me fiche de cet obstacle. C'est alors une piste caillouteuse que j'empreinte sur 4km avant de revenir sur une route (parfois mêlée avec de la piste). Deux policiers m'arrêtent. L'un d'eux, un moustachu cigarette en bouche me fait signe que la route est fermée et qu'il me faudra faire demi tour. Je demande pourquoi. L'autre, plus jeune, hausse les épaules. Je déteste lorsqu'il y a des interdits sans raison. J'essaye de les convaincre: "Moi vélo, pas voiture" ou encore "Moi marcher à côté vélo". Rien à faire, ils ne voulaient rien entendre. Bon, après une vingtaine de minutes de négociation, je fais demi tour sur 3 kilomètres et trouve un chemin annexe. Je m'y dirige et me cache dans les environs. Une voiture descend. Il doivent redescendre à la barrière quelques kilomètres plus bas. Par précaution, j'attends encore une heure et demi. Je repars vers 18h. Les nuages sont de retour. Personne à l'endroit où ils m'ont contrôlé. Je continue. Cent mètres plus loin, j'aperçois des baraquements. Mais pas de barrière. Je poursuis prudemment. Puis le policier moustachu sort sa tête d'une maison. Aïe! Je pense que j'ai été aussi surpris que lui. Il rentre, puis ressort avec des menottes. J'essaye de trouver rapidement une excuse. Mais elle n'est pas crédible. Il me demande, je crois de me mettre à genoux, les menottes à la main. J'ai eu 7 jours de mauvais temps et de froid consécutifs, j'ai fait 4400km et monté 20km pour venir ici. Je ne suis pas apeuré et me dis qu'après tout, je vais passer une nuit au chaud (on est à 2000m d'altitude). Je tends mes mains pour qu'il me mette les menotte. Il me regarde, surpris. Il rentre, puis ressort une nouvelle fois avec un couteau de chasse. Bon, c'est pour me faire peur, mais il n'y arrive pas, car je serais heureux de passer une nuit dans ces baraquements. Trois autres policiers arrivent. Ils me demandent mon passeport alors que je cherche une excuse plus convaincante. En fait, je crains par dessus tout une amende. Cette excuse détend l'atmosphère, et, au bout de quelques minutes, je fais demi tour, cette fois, pour de bon. Lorsque j'arrive à la barrière, 7km plus bas, deux policiers sortent. Ils me demandent à nouveau mon passeport. Ils tardent à me le rendre et me font attendre dehors malgré le froid. Au bout de quelques minutes, j'entre dans ce baraquement pour me réchauffer un peu. Ils reviennent avec une décharge en cyrillique à me faire signer. Je n'y comprends rien et leur demande de quoi il s'agit. La réponse est floue. Je leur demande en leur faisant signe si c'était dans le but de me faire payer. Il font tous non de la tête. Je signe finalement car sinon, ils ne me rendaient pas mon passeport. Je verrai bien ce qu'il se passera.
Je peux enfin repartir, et campe plus bas près d'un ruisseau. Je n'ai donc rien vu de ce parc National. De plus, la montée se faisait dans les arbres, donc pas de point de vue. Petit kilométrage, mais grosse journée...

Une piste bien caillouteuse...seulement sur 4km

C'est le premier jour de beau temps depuis longtemps. Il révèle la beauté des paysages sauvages de la Bulgarie...mais il y fait tout de même froid. Remarquez: les forêts de sapins s'étalent jusqu'à plus de 2000m d'altitude.
20/09/08
Belli Iskar - Stryama:150km
Aujourd'hui, les nuages sont revenus, mais suffisamment hauts pour que j'évite la pluie. Il faut que je rattrape le temps perdu la veille car je ne tiens pas à rater mon avion à Bucarest.
Je finis de descendre vers Belli Iskar, avant d'effectuer une nouvelle montée, dont les pourcentages me font souffrir, surtout en début de journée. Je redescends vers Borovec, une station de ski touristique et vers une plus grande route. A nouveau 15km de descente. Sur le plat qui s'en suit, j'ai le vent de dos. Je m'arrête pour manger et changer de chaîne et de patin, puis repars en direction de Plovdiv sur un long faux plat descendant puis sur des lignes droites planes. Après avoir traversé rapidement Plovdiv, je me dirige vers des petits villages aux secteurs pavés redoutables. Je campe alors dans un champ sans qu'il ne se soit passé quelque chose de passionnant durant la journée...
21/09/08
Stryama - Donino: 140km
Mon départ s'effectue plus tôt qu'à l'habitude, vers 9h (heure locale). Le temps est meilleur. Après une trentaine de km, j'effectue une ascension aux faibles pourcentages qui me mène à près de 1000m d'altitude.
Après être descendu, le vent me fait face et c'est dans la douleur que j'accède à Shipka. Je regrette presque la route que m'ont conseillé deux policiers. C'est un faux plat en ligne droite (2-3%) avec un terrible vent de face. Lorsque les camions, nombreux, me croisent, cela s'ajoute au vent et je peine alors encore plus. Je roule entre 10 et 14 km/h en souffrant. J'aperçois un monastère, que je visite naturellement. Le monastère de Shipka est d'inspiration russe et a été édifié en 1902. Il est notamment dédié aux soldats Russes, Ukrainiens, et Bulgares qui sont morts pour la libération de la Bulgarie dans le conflit russo-turque de 1877-1878.


J'admire l'architecture de ce genre de monastère.
Je passe malheureusement à côté de tombes et de vestiges thraces sans les visiter. Cela m'aurait fait faire un détour de 30km. Et j'aimerais être à Bucarest le 23, donc dans 2 jours. Je monte donc le Shipka pass, à plus de 1400m d'altitude, où se trouve également un monument dédié aux morts de la guerre de 1877-1878, car il y a eu des combats ici au col, après 16km d'ascension au trafic très important.

Il est difficile de trouver un point de vue dans cette partie des Balkans tant les montagnes sont boisées...
La nuit commence déjà a tomber, et je n'ai pas fait beaucoup de kilomètres. Je poursuis, fixant ma lampe, et effectue une troisième ascension, plus courte, mais qui fait mal aux jambes. Puis je campe assez tard dans un champ à l'abri des bruits des nombreux véhicules qui fréquentent cette route. J'ai donc essayé de rajouter du piment à une journée qui en a manqué à nouveau.
22/09/08
Donino - Borovo:117km
Le départ est cette fois ci plus tard que les autres jours. Les routes décrivent des "yoyos", mais il y a tout de même plus de descentes que de montées. Un panneau m'indique un monastère à 3km. Je tente le détour mais fais rebrousse-chemin lorsque je m'aperçois du nombre très élevé de visiteurs. Je tiens à mon vélo! De toute façon, il paraissait moins intéressant que les précédents visités en Bulgarie et en Roumanie.
Il me reste de fortes réserves de gaz. Je ne pourrai certainement pas emmener la bouteille avec moi dans l'avion en France. Donc je me fais cuire des pâtes à midi. Cela me prend un peu plus de temps, mais, au moins, je mange mieux que les simples sandwichs habituels au pâté. Oh, il commence à faire chaud! Pour la première fois depuis la Serbie, j'enlève mes vêtements pour le froid. Je suis même en maillot d'été!

Incroyable: le beau temps! Je n'ai pas beaucoup vu le soleil en Bulgarie...
Sur la route, il y a toujours beaucoup de circulation. J'arrive à Veliko Tarnovo. C'est une grande ville, mais je tiens à la visiter, car elle recueille en son sein un formidable patrimoine culturel et historique. Le centre-ville n'est pas flamboyant. Mais me voilà alors au pied d'une forteresse touristique, abritant la vieille ville et capitale bulgare de Tsarevets, située sur la colline du même nom. A l'origine, il s'agissait d'une forteresse byzantine construite à la fin du Vè siècle. Puis, lors du second Empire Bulgare, de la fin du XIIè siècle jusqu'à la toute fin du XIVè siècle, les Tsars ont reconstruit sur les bases de la forteresse byzantine pour en faire leur capitale. Toutefois, en 1396, la forteresse fut assiégée 3 mois par les Ottomans avant de céder,de brûler, et de marquer la chute du second "Empire" Bulgare.
Quoi qu'il en soit, il y a beaucoup de touristes. Tous me regardent, surpris de voir un cycliste français au vélo chargé en train de monter à côté. Je rencontre alors Stefan Curtis, un canadien d'origine bulgare, qui est en vacances, et qui fait lui aussi de temps en temps quelques périples à vélo. Il compte notamment aller de la Bulgarie jusqu'en France du mois d'avril jusqu'au moi de juin, mais plus en passant par la Croatie. Après avoir visité l'église, rénovée, mais qui a conservé une fresque datant de l'époque byzantine, je redescends, cette fois ci à vélo (je n'en avais pas eu l'idée en montant), sous le regard étonné de tous les touristes.

Je suis également une "attraction" car je ne passe pas inaperçu...beaucoup me regardent...C'est amusant
Ah lorsque je pense à tous ceux qui rentrent à l'Université aujourd'hui alors que moi je suis toujours en vacances. De sacrées vacances...
Je quitte donc cette ville touristique et me dirige vers la plaine. Je passe à côté d'un monastère sans le visiter (3km de montée). Situé au pied d'une falaise, il fait face à un autre monastère, lui aussi à flan de falaise, mais situé de l'autre côté de la route et du ruisseau, et réservé uniquement aux soeurs, alors que l'autre l'est uniquement pour les frères.
Je poursuis et passe à côté de ruines Antique. Cela me ferait faire un détour alors que je ne sais pas réellement à quoi m'attendre. Je rencontre un Roumain qui me demande de m'arrêter...pour me poser quelques questions sur mon voyage en me montrant un peu d'intérêt. Lui, part en Turquie,...mais en voiture!
Arrivé à Byala, je demande ma route. On m'indique que Borovo est situé à 5km. Non, ce sera 10km. Les 5km, eux, sont en montée. Je commence à ressentir un peu de fatigue et souffre lors de celle ci. Elle me parait interminable. Arrivé à Borovo, je demande s'il y a un "Minimarket". Une personne me fait oui de la tête. Je demande où. Il est étonné. "Il n'y a pas de "Minimarket" ici?". Tout en faisant oui de la tête, il me répond "ne". Ok j'ai compris. J'avais déjà entendu parler de cette coutume, mais je ne m'y étais pas habitué. En Bulgarie comme en Grèce, certaines personnes inversent le signe de tête pour dire oui ou non. Je poursuis ma route, un peu déçu. J'ai encore un peu d'argent bulgare à dépenser. Finalement, j'en trouve une. Ce soir, je vais me faire un bon petit repas. Mais il commence à faire nuit, et, pour le second soir consécutif, je mets les phares, avant de camper dans un champ. Ce sera mon dernier bivouac du périple...