21/08/08
Larche - Borgomale: 163km
La montée de Larche, habituellement facile avec un vélo de course, n'est pas de ce que l'on peut attendre avec un vélo de près (pour l'instant encore) de 40 kg avec sacoches.
A cette difficultée du poids s'ajoute le vent de face, qui me rallentit encore plus. Toutefois, la beauté des paysages grâce notamment à la luminosité matinale est du moins intéressante(car dans l'Ubaye, les cols et ascensions magnifiques ne manquent pas, comme la Cîme de la Bonette ou encore le col de la Cayolle. A côté de cela, les paysages du col de Larche font pâle figure.)

Le lac de la Maddalena
Comme le vent n'a pas de frontière, il continue à me faire face lors de mon arrivée en Italie, après avoir effectué les 8 derniers kilomètres d'ascension. Heureusement que la descente est longue, très longue. Les pourcentages ne sont toutefois pas suffisament pentus, et il me faut parfois pédaler pour avancer.

Le fort de Vinadio (XIXè siècle)
Je profite alors de ces 50 km de répit, tout en pensant qu'après, ce sera le plat de la plaine du Pô. En effet, après la traversée de Cunéo, ces premiers kilomètres s'avèrent être monotones et se limitent essentiellement aux vues sur les champs de maïs.
Comme je n'avais pas prévu de faire 3 jours de plat entiers dans cette plaine, je monte alors dans des collines au Sud de Alba.
Que ces vallons sont difficiles pour moi! Avec la chaleur, ces successions de montées-descentes se passent encore plus lentement que prévu. Par ailleurs, je m'attendais à voir sur ces collines un grand nombre de vignes, mais cela en vain: les paysages sont sans véritable plus.
J'avais fait le choix de peu rouler les semaines avant de partir, histoire d'être frais pour ce périple assez long...Mais les premiers jours sont vraiment difficiles. Aussi, je suis déja fatigué, et je ne peux atteindre aujourd'hui la ville de Bubbio. Je campe alors dans un verger de noisetiers et partage mon terrain avec quelques fourmis qui ne sont toutefois pas envahissantes...
22/08/08
Borgomale - Casalpusterlengo: 197km
...Au milieu de la nuit, j'entend un animal galloper à toute allure à quelques centimètres de la tente. Je me réveille en sursaut et entends alors le groin d'un sanglier renifler ma tente. J'avais fait l'erreur de laisser la nourriture de mon dîner et de mon petit déjeuner à l'intérieur. Je garde toutefois mon calme en me disant que je suis à l'abris dans ma tente et que le sanglier ne serait pas aussi stupide de la charger...Je me rendors donc...mais 3 heures plus tard!
Je me réveille, cette fois en douceur, après quelques nouvelles heures de sommeil, et décide de quitter rapidement l'endroit dans lequel j'ai passé la nuit. Je retrouve alors ces vallons que j'avais laissé la veille. Bubbio n'est pas la bonne surprise à laquelle je m'attendais et je continue sur des toutes petites routes dans des vignes (elles sont enfin là!).

Collines près de Bubbio
Le profil est de plus en plus plat: je reviens dans la monotone plaine du Pô, et avec un léger vent de face. S'il n'est pas fort, il se ressent beaucoup plus sur mon vélo équipé de sacoches (moins aérodynamique, et plus large). Ce vent est en plus accompagné de longues lignes droites sur des grandes routes.
Mes sensations sur le vélo sont très moyennes vers le 140ème kilomètre, mais je rencontre heureusement un groupe de cyclistes sur route. Je prends leur roue pour rouler quelques temps à 30-35km/h tout en me reposant un peu. Je discute alors avec l'un d'eux qui parle un peu le français. Cet ancien mécanicien de la Gewiss Bianchi (années 90) puis de la Fassa Bortolo (début années 2000) m'a redonné un peu le moral pendant un peu moins d'une heure.
Aussi, je continue ma route après les avoir quitté, et ce pendant encore une petite trentaine de kilomètres.
Je ressens tout de même une petite fatigue qui s'amplifie au 180ème kilomètre: il est cette fois temps de trouver un terrain pour camper. Hélas, je n'aperçois ni endroit, ni camping. Je décide alors de planter ma tente sur un stade de foot.
Je suis attaqué par les moucherons, dont les piqures laisseront des traces jusqu'en Roumanie!
Un villageois italien, faisant un petit tour de vélo autour du stade de foot, me propose puis m'apporte à manger. Si je n'avais pas entièrement compris à ce qu'il disait (j'avais cru qu'il me demandait à manger), cela a été l'excellente surprise de la journée lorsqu'il m'apporte un plat de pâtes à la Bolognèse avec 1 litre de soda, du saucisson, du pain, et de la bière...
Je mange en le remerciant mille fois pour ce geste.
Plus tard, j'apprends par le responsable du stade qu'il ne me faudra pas camper ici, car il va fermer les portes jusqu'au lendemain 12h. Et comme je compte partir avant...
Cet italien, nommé Edmondo, et qui m'a donné à manger me propose alors de venir dormir chez lui. J'accepte mais je lui dis je je ne veux surtout pas déranger. Pas de problème. Et je loge donc chez lui et sa femme aux abord du stade de foot l'espace d'une nuit, non sans avoir bu un verre de cognac et longuement discuté avec eux. S'il ne parlent que l'italien, je peux comprendre quelques mots de ce qu'ils disent, car il s'agit tout comme le français, d'une langue latine.
Bref, c'est une très bonne soirée que je vis, mais une courte nuit que je passerai, car le réveil le lendemain sonnera tôt...
23/08/08
Casalpusterlengo - Garmano: 160km
Au réveil, nous échangeons alors nos adresses, avant de nous quitter. Mais c'est promis, famille Agolini, je ne vous oublierai pas et vous enverrai une carte postale de France à mon retour...
La journée commence par du plat avec un léger vent de face pour rejoindre Crémone, située à une vingtaine de kilomètres de Casalpusterlengo. Je ne m'attarde pas trop dans cette ville dans laquelle se cache pourtant un patrimoine historique important. Mais bon, les grandes villes à vélo en fin de matinée, ce n'est pas tellement mon truc.
Je me repose quelques temps pendant la pause déjeuner pour repartir 2h plus tard.
En effet, si je ne suis pas tellement marqué par la longue journée de la veille, il fait très chaud et très lourd dans cette si grande plaine du Pô. Aussi, je bois en moyenne 6 à 10 litres d'eau par jour. Le problème, c'est qu'à chaque fois, cette eau chauffe dans le bidon et dans les 2 bouteilles qui me servent de réserve. Je m'arrête donc le plus souvent possible dans les villages afin de la changer et de m'asperger d'eau pour me raffraichir.
Cette chaleur est accentuée dans l'après midi par le vent de dos, qui heureusement me soulage.
Enfin, j'arrive au Lac de Garde et dans la ville médiévale de Salo'. Mais que ce lac est touristique! Bordé de stations balnéaires, je dépasse et zigzague entre les voitures dans un embouteillage de près de 3km.
L'orage tombe, mais le beau temps revient; et, ne trouvant pas d'endroit pour bivouaquer (tout est cloturé, ou à flan de montagne), je me dirige dans un camping à Garmano, et en profite pour faire un tour de ce joli petit village.

Ajoutés à sa superficie, vent et vagues donnent au lac de Garde un petit air marin...

Garmano, entre lac et montagnes

Port de Garmano
24/08/08
Garmano - Cembra: 130km
Le matin, premier coup dans l'estomac après avoir pris mon petit déjeuner: le prix du camping, 10€, douche non comprise!! Après avoir discuté avec un couple de jeunes campeurs allemands (il y en a beaucoup au Lac de Garde), je repars, vent de face (ce lac est toujours très venté). Le nombre de tunnels et le balai incessant des voitures n'effacent pas la beauté de ces paysages et de cette vue sur le lac par un jour sans nuage.

Le Lac de Garde est un endroit aussi magnifique que romantique, on ne s'en lasse pas.
Port de Riva del Garda
Après Riva del Garda, en demandant à un touriste hollandais de me prendre en photo, je laisse tomber mon appareil.
L'objectif est abîmé, et son câche de protection est cassé. Je redresse alors le zoom comme je peux, et demande cette fois à ce que l'on me prenne en photo.
Je monte alors le premier col depuis longtemps, dont j'ai déja oublié le nom tant il m'a paru anodin comparé à ce qui m'attendra par la suite de mon voyage. Peut être étais-je trop préoccupé par l'état de mon appareil photo...
Impossible de trouver une boulangerie pour acheter du pain pour midi. Je demande à des motards Italiens dans Rovereto quelque chose d'ouvert: rien, c'est dimanche!
Mais ils avaient des petits pain dont il m'en donneront 6. Pour l'anecdote, il me font payer 60 centimes (au lieu de 75 centimes!) ce pain de la veille acheté en grande surface. Je voulais leur donner 1€, mais ils voulaient "piu piccolo". Le fait d'avoir acheté mon pain à des motards, pour 60 centimes m'a réellement paru amusant.
Après avoir enfin mangé, j'entamme ce qui doit être l'ascension la plus dure d'Europe, toutes sortes de voies accessibles aux véhicules confondues: le Scanuppia. Il se compose en effet d'une montée de 7km à près de 17,5% de moyenne, et un passage à 45%!!! Après 1,5 km de route, je me retrouve sur ce qui est ni de la route, ni de la piste, mais une sorte de piste en béton que je ne peux gravir à vélo-sacoches lors de ce fameux passage à 45%. Je ne parviens même pas à pousser: je glisse!!!

Besenello, au pied du Scanuppia

Et oui, vous ne rêvez pas, il s'agit bien d'un passage à 45%!
Après avoir réfléchi environs un quart d'heure (dois-je laisser ici mes sacoches et les cacher pour reprendre l'ascension?), je décide de redescendre (pas de risque avec cela).
Ô Scanuppia, c'est promis, je reviendrai, et cette fois, je te gravirai sans faillir. Non je ne ferai plus la même erreur de te tester avec un chargement aussi conséquent.
Arrivé à Trento, je demande mon chemin, mais il n'y a que des touristes qui ne connaissent pas la région. Aussi je me trompe de route. Cela me fait faire 15 km de plus que prévu. Je grogne et trouve enfin quelqu'un qui est en mesure de me renseigner et m'envoie sur une piste cyclable laquelle m'envoie, sur le bon chemin.
Puis j'accède à cette jolie montée qui m'emmène vers Cembra, et qui est composée de vignes et de villages à flan de montagnes. Je suis dans les contreforts des dolomites.

Village et vignes à proximité de Cembra
Mes sensations sont excellentes, mais je suis arrêté par la nuit qui ne saurait tarder à arriver. Pas facile car la route est à flan de montagne, et finalement, je trouve un petit chemin qui mène à des vignes pour planter ma tente...
25/08/08
Cembra-Canazei: 127km
Aujourd'hui est un grand jour! Très grand jour que je vivrai seul. Normal, c'est mon anniversaire. Aujourd'hui, je fête mes 18 ans et mon passage à la majorité. Je passe d'un état de mineur inconscient à celui d'adulte responsable. Je remarque alors un net changement par rapport à la veille! (pas pour le changement de maturité!) L'entrée dans la montagne, que j'avais toutefois un peu entammé en arrivant sur Cembra.

Enfin, les Dolomites! J'en avais rêvé depuis longtemps, les voici! Je commence en douceur par le Passo Rolle et ses 20km d'ascension à près de 5% de moyenne. Des forêts de sapins et des prairies verdoyantes, je grimpe au sommet vers ce qui est composé de paturages surmontés de pitons minéraux: MA-GNI-FIQUE!!!

Forêt de sapins dans l'ascension du Passo Rolle, et vue de mon vélo

Le Passo Rolle

Quelle vue! Dommage que les cîmes concentrent et bloquent les nuages...
Au lieu d'effectuer la descente, j'empreinte une piste qui me fait encore monter, mais pour admirer encore plus ces paysages exceptionnels.


Je redescends alors un col à près de 2200m d'altitude dans une piste-chemin muletier (en un peu plus large), parsemée de randonneurs. A cause des secousses, ma sacoche droite à l'avant tombe du vélo, malgrès les attaches supplémentaires que j'y avais fixé. Heureusement que je descendait (très) prudemment.
Le second col de la journée, le Passo Valle est plus court (5km) mais plus intense (8-9% de moyenne), et présente des vues moyennes, y compris au sommet à plus de 2000m d'altitude. Mais la descente est encore plus raide et je reste vigilant car la route n'est pas partout en très bon état.
De là succède immédiatement la montée vers le 3ème col de la journée, et de loin le plus dur: le Passo San Pellegrino. Ses 3 premiers kilomètres (à partir du croisement vers le Passo Rolle) sont à plus de 11% de moyenne avec des passages à 18%. Comme ce n'est pas la première ascension de la journée, je souffre, mais je parviens à mes fins. Les paysages ne sont toutefois pas à la hauteur de la difficultée (que je suis compliqué!). Mais la descente est réconfortante et je peux rouler à plus de 80km/h. La vue sur la vallée de Canazei est splendide et caractéristique du coeur des Dolomites.

Moena, début de la vallée pour rejoindre Canazei
Je parcours cette vallée le vent de dos, et campe près de cette ville touristique dans une prairie verdoyante. Il tombera quelques averses durant la nuit.
26/08/08
Canazei - Cïma Lavaredo: 104km
Le matin, ma tente est recouverte de petites larves. Aussi, après l'avoir nettoyée, je la fais sécher, ce qui retarde mon départ à 10h. Aujourd'hui, le profil est en dents de scie, avec pas moins de 6 ascensions, dures, très dures parfois, avec comme point d'orgue les légendaires 3 cîmes de Lavaredo.
Je n'ai pas été épargné par les casses mécaniques car mon porte bagage arrière s'est fendu à deux endroits. Je suppose que la piste de la veille et que celles du Maroc ne lui ont pas fait de bien. De plus, je remarque qu'une de mes sacoches arrière est plus lourde que l'autre, ce qui a dû fragiliser le porte bagages. Heureusement que je suis alors à Cortina d'Ampezzo et que je trouve un marchand de cycle que me le change pour 25€, sans pour autant me faire payer la main d'oeuvre.
Enfin, deuxième pépin mécanique: mon téléphone portable, qui, avec la nuit humide, a cessé de fonctionner...heureusement jusqu'à 20h environs, avant de rendre l'âme définitivement le lendemain.
Bon, mise à part cela, ma journée commence par l'ascension du passo Sella, que je croyais (ne me demandez pas pourquoi, je ne le sais pas moi même!) à un peu moins de 2000m d'altitude, mais qui s'est avéré être à plus de 2250m d'altitude. Les 11 km de montée, aussi splendides sont-ils, se trouvent donc plus durs que ce dont j'avais imaginé.


Celles ci sont un peu floues, séquelles de la chute de mon appareil 2 jours plus tôt, avec la perte du cache. Y ajouter alors l'humidité matinale, et voila le résultat...Je les met quand même tant le site m'a paru splendide.

Encore 1km et c'est le sommet du Passo Sella
Au sommet, je rencontre un groupe d'Etats-Uniens et de Canadiens qui font un petit voyage à vélo de course tout organisé par le fabricant de cadres Trek, et ce dans les Dolomites. Je monte donc le second col de la journée, le Passo Val Gardena, (qui lui, n'est pas très difficile), en compagnie d'un Californien, avec qui je discute et qui me prend en photo dans ces paysages grandioses. De plus, il connait Gap (mais uniquement par le biais du Tour de France, comme quoi...).


Dans la descente du Val Gardena
Le Passo di Valparola constitue la 3ème difficultée de la journée. Moins splendide que ses prédécesseurs, il reste pourtant sympatique, surtout au sommet.

Le sommet du Val Parola est plus rocailleux
Enfin, après être arrivé à Cortina d'Ampezzo et avoir fait changer mon porte bagages, je monte ce qui est l'anti-chambre des Cîma Lavaredo: le Passo Tre Crocci. Assez long, d'une pente assez irrégulière, il m'use, d'autant plus qu'il est déja près de 18h lorsque j'arrive au sommet, car j'ai perdu un peu de temps à Cortina d'Ampezzo.
Une courte descente, puis raide et très courte remontée pour arriver à un lac qui constitue le pied des Cîma Lavaredo.
De là, les choses (très) sérieuses peuvent commencer.
Le 1er kilomètre est à près de 15% de moyenne, puis replat, et petite redescente vers un péage où je passe sans m'arrêter...
Les 3 kilomètres suivants seront terribles avec une moyenne de plus de 13% et passages à 19%! Heureusement que le dernier kilomètre est moins raide (seulement 9-10%). Et, ouf!! Enfin le sommet! Je campe alors au beau milieu des camping car, à plus de 2300m d'altitude.
Parmi les "camping-caristes", se trouvent un couple de Bavarois, qui, étonnés de me voir loger ici l'espace d'une nuit, m'invitent à prendre le thé, et à manger un peu. Ainsi, nous discutons toute la soirée, bien que mon parler allemand ne soit modeste, avant que je ne rentre dans ma tente pour un repos bien mérité.
27/08/08
Cïma Lavaredo-Passo Zoncolan:101km
Le lever est magnifique. Lorsque j'ouvre ma tente, j'ai trouve devant mes yeux un spectacle des plus fabuleux. Avec la luminosité matinale, les cimes minérales en face des Cîma Lavaredo sont encore embellies. Seul tâche d'ombre: quelques nuages viennent déjà se mêler aux cimes...

Vue en ouvrant ma tente

En compagnie de Roman et Hilde, les 2 "camping caristes" bavarois
La nuit n'a pas été trop froide, et je discute à nouveau avec les 2 bavarois, qui m'offrent encore des oeufs brouillés et surtout une tablette de chocolat des Dolomites.
La descente n'est pas moins magnifique, avec ce retour sur le lac qui fait office de pied de cette terrible ascension que constituent les Cîma Lavaredo. Ici, la montagne, les nuages, et un ciel bleu azur se reflètent, ce qui donne au coin un aspect aussi romantique que le Lac de Garde.

Les Cîma Lavaredo sont, tout comme la veille, dans les nuages

Lac de Misurina, au pied des Lavaredo (ou à la fin de la descente, c'est comme on veut)

Lac près de Auronzo di Cadore
Je continue ma descente, qui est de moins en moins accentuée. Au terme de celle ci, se trouve un tunnel de 4km dont il m'a fallu un quart d'heure pour le traverser.
Après avoir déjeuné, j'entame une montée dans la forêt qui me mène à Sappada. Mêlée aux nuages, cette ascension ne me plais pas tellement. Seul le sommet peut être intéressant, Sappada et les montagnes avoisinantes ayant un petit air de l'Autriche.

Maison près de Sappada
Puis c'est une nouvelle descente vers le Frioul qui commence, qui est également d'un intérêt moindre, si ce n'est d'en profiter un peu sur les passages à 14% afin de faire quelques petites pointes de vitesse.
Enfin, et c'est le clou du spectacle de la journée, je grimpe (escalader peut être considéré aussi comme un verbe adéquat) ce mur qu'est le Monte Zoncolan. D'une altitude peu élevée, ses 10km à plus de 12,5% de moyenne font figure d'épouvantail. C'est l'ascension routière (pas comme le Scanuppia, qui était constituée d'une "piste bétonnée") la plus dure d'Italie.
J'avais souffert la veille dans les Cîma Lavaredo, mais alors ça, je n'ai jamais connu!
Les 1,5 premiers kilomètres se passent "en douceur", avec des passages à 12%. Puis c'est 500m de plat durant lesquels je souffle en attendant le mur: les 5km suivant seront à près de 16% de moyenne, avec passage à 22%!!!
En sachant qu'il y a un mini-passage "de repos" (5%), pendant quelques dizaines de mètres, et que la pente s'adoucit légèrement dans 2 ou 3 épingles, et on a de quoi s'occuper quelque temps. Je zig zague sur la route, roulant parfois à 4km/h!
Mes "han" de douleur lors de chaque coup de pédale retentissent dans toute la montagne. Je profite parfois des épingles pour m'arrêter et reprendre mon souffle. Et ces panneaux!! Lors des 8 derniers kilomètres, des panneaux sur le bord de la route célèbrent de grands champions qui se sont souvent illustrés sur le Giro, le Tour d'Italie cycliste. Je pensais qu'il y en aurait un tout les kilomètres. Aussi ma surprise est grande lorsque, entre le premier (O.Bottechia) et le second panneau (Binda), il ne se tient que 300m, qui sont effectués en près de 5minutes. Cela me décourage dans mon effort. Je n'ose plus regarder le compteur.
Heureusement que les 3 derniers kilomètres sont un peu plus "reposant" (seulement 10% de moyenne!).
Je met donc près de 3h (en comptant les arrêts) afin d'arriver au sommet. De là, j'attend un ami et sa copine, avec lesquels on avait prévu de camper ensemble, car lui, se dirigeait (en voiture) vers Venise, et le Passo Zoncolan n'est qu'à 150km.

Les derniers virages...

Anaïs, Pierre, et moi tout heureux d'être arrivé au sommet...
Je passe donc une très bonne soirée à bivouaquer dans les environs du sommet du Monte Zoncolan avec Pierre et Anaïs. Bières Belges et du Nord, feu de camp, et bon repas agrémentent cette fin de journée. (Et oui! Après l'effort, le réconfort!)

...mais aussi mon vélo! Ici, c'est une rencontre avec une de ces fameuses vaches.